
Le Droit au
miroir des cultures.
Pour une
autre mondialisation
Paris, LGDJ, Col. Droit et Socit, 2006, 199 p
Comment vivre ensemble dans la diversit
de nos cultures ? Cette question devient de plus en plus centrale dans nos
rflexions contemporaines et plus particulirement dans celles touchant ce
que lon dnomme communment la mondialisation ou la globalisation. Or si la
sensibilit la problmatique interculturelle crot, il nen demeure pas moins
que la grande majorit des rflexions dans ce champ, que ce soit plus
particulirement en relation avec le Droit, la gouvernance ou le dveloppement
durable, reste profondment enracine dans un cadre danalyse occidental. Les
constructions modernes de lՃtat, du march, de la dmocratie, du dveloppement
continuent constituer lhorizon implicite des rflexions. Mais, elles nont
rien de naturellement universelles et ne se sont vritablement cristallises il
ny a gure beaucoup plus de deux sicles. Aujourdhui, thoriciens du droit et
chercheurs en sciences sociales sinterrogent de plus en plus sur ladquation
de ces outils face un monde contemporain qui apparat de plus en plus
postmoderne ou transmoderne . Le temps semble venu
de souvrir un vritable dialogue avec les autres cultures de lhumanit sur
la question de la mise en forme de notre vivre-ensemble, sur lorganisation
juridique, politique et conomique du monde afin de dgager des pistes pour une
autre mondialisation. Cette exigence apparat dautant plus clairement si lon
se souvient que lexportation des modles occidentaux du vivre-ensemble sur
toute la plante ne sest pas faite naturellement mais a rsult
de lexpansion coloniale europenne. Si la dynamique colonisatrice se caractrisait
par lexploitation et la domination des autres socits, elle sinscrivait dans
une idologie du progrs et de la supriorit de la civilisation occidentale.
Cette idologie permettait de justifier les injustices et les atrocits
commises en soulignant la mission civilisatrice , le
fardeau de lhomme blanc [1].
Il tait du devoir des puissances colonisatrices de mener les
sauvages , les primitifs , les
mcrants sur la bonne voie vers la civilisation et le progrs.
La colonisation impliquait ainsi la mise en place dun nouvel ordre dans les
colonies travers le Droit dont la fonction consiste dans les termes dՃtienne
Le Roy (2006b : 1)
amener les sujets de droit un ordre et () faire advenir ce nouvel
ordonnancement dans la socit . Lauteur prcise que La
colonisation moderne sest
inscrite dans des prcdents qui, sous leffet du droit canon puis du
droit des gens, ont t systmatiss sous lappellation de droit de conqute,
lequel ouvre de larges facults de faire ou de ne pas faire au colonisateur
plutt quil ninduit des obligations ou des limites. Les obligations sont
dailleurs fondamentalement favorables au colonisateur puisquelles
conditionnent luvre coloniale la propagation de la foi en soutenant
laction missionnaire et louverture des nouvelles terres conquises au
commerce. (Le Roy 2006b : 9) Si, avec la dcolonisation, ce
discours sest attnu, lattitude de supriorit na pas cess dinfluer nos
manires de percevoir lautre . En tmoignent par exemple pour la
France la politique de coopration judiciaire avec ses anciennes colonies[2]
ou plus gnralement les plans dajustements structurels imposs aux
pays en voie de dveloppement par les institutions financires
internationales tels que la Banque Mondiale ou le Fonds Montaire International[3].
Il ne sagit pas de retomber aujourdhui dans le mythe du bon
sauvage faisant miroiter un ge dor des ex-colonies davant leur
rencontre avec lOccident et quil sagirait de retrouver sous le couvert de
politiques dauthenticit De mme nest-il pas question de se complaire en
tant quoccidentaux dans un sentiment de culpabilit strile.
Il est au contraire ncessaire de savoir
prendre nos responsabilits, surtout en tant que chercheurs en sciences sociales
qui tentent de dgager les enjeux inhrents aux rapports entre Droit et
socit . Lanthropologie du Droit[4],
telle quelle sera dveloppe tout au long de cet ouvrage, enseigne que la
juridicit est la mise en forme et la mise de formes la reproduction de nos
vies en socit et la rsolution de nos conflits. Ces mises en formes sont le fruit
de nos histoires. Elles sinscrivent toujours dans des logiques et des visions
du monde particulires. Le transfert de modles juridiques, politiques ou
conomiques ne va jamais sans transfert parallle de modles de socit[5].
Il y a donc un vritable enjeu sinterroger sur loccidentalisation de nos
ordres politiques, juridiques et conomiques , pour faire un clin
dil au titre dun ouvrage de Bertrand Badie (1992)[6].
Les modles occidentaux de mise en forme du vivre-ensemble se sont tendus sur
toute la plante. Pour linstant, les recherches ont principalement
port sur lacculturation des ex-colonies face au modle import (et plus
ou moins impos de fait). Les enjeux de ces transferts par rapport la
question de lorganisation du vivre-ensemble de ces socits nont pas encore
suffisamment explors. Si les ex-colonies sinscrivent dans les phnomnes de
globalisation et ne peuvent se couper du reste du monde, les enjeux dune
rinvention de leurs contemporanits btissant sur leurs ressources et visions
endognes apparaissent de plus en plus clairement. dfaut, elles courent le
risque, dj ralis dans une large mesure, de leur alination, au sens
quelles deviennent trangres elles-mmes[7].
Heureusement, le contexte gnral a
volu. Poser les conceptions occidentales comme universelles apparat de moins
ne moins satisfaisant, que lon se place aux niveaux thorique ou pratique. Les
checs, et mme les semi-russites, des transferts institutionnels occidentaux
vers le reste de la plante suite au mouvement des indpendances remettent en
cause la prtention universalit du modle. Par ailleurs, outre le spectre
conjurer dun possible choc des civilisations (Huntington 1997),
on sent merger une thique de la participation : tous les habitants de
notre plante devraient pouvoir participer au village global et
ne pas sen trouver exclus. Or, ceci suppose que lon prenne au srieux les
diffrentes visions du monde et du vivre-ensemble et que lon sattelle leur
mise en dialogue. Le premier pas consiste crer les conditions pour que les
diffrents acteurs puissent participer leur propre socit selon leurs
modalits. Cest sur ces bases que lon peut ensuite sinterroger sur les
modalits de participation au monde global, qui reste pour beaucoup une
abstraction lointaine. Cessons de parler du village global comme
y invite Raimon Panikkar (1990c). Cest une contradiction dans les termes. Tout
village est par nature local, enracin dans un certain ethnos. Dans cette perspective, toute
ouverture au global ne peut se faire quen complmentarit avec une inscription
dans le local. Les anthropologues observent dailleurs sur de nombreux terrains
des phnomnes dacculturation et lՎmergence de situations qui se situent
entre modernits et traditions , dans des creusets o se
rencontrent, se mtissent, sՎvitent, se transforment, se rinventent
diffrentes visions du monde, logiques et pratiques en interaction[8].
Face une globalisation perue de plus
en plus comme occidentalisation, voire comme imprialisme nolibral ou mme
comme conomicisation (Latouche 2003) du monde[9],
la question se pose : un autre monde est-il possible ? Serait-il
temps de nous lancer dans une utopie alternative ? Ou peut-tre, plutt
que de rver dun ailleurs imaginaire, ne devrions-nous pas revisiter le monde
mme dans lequel nous vivons ? Mais en changeant de perspective : en
portant notre attention sur ce que la vision moderne du monde mettait la
priphrie, voire mme compltement hors jeu ? Cest ce que
propose Boaventura de Sousa Santos (1995 : 479-481) en lanant
linvitation de sengager dans une htrotopie. Celle-ci ne dsigne pas le rve
dun monde meilleur mais simplement imaginaire - avec le risque, connu, que
comporte la ralisation dutopies ici-bas. Elle consiste en un dplacement dans
le monde mme dans lequel nous vivons, du centre vers les marges des systmes
de pouvoir. Ces
marges sont dailleurs loin dՐtre marginales .
linstar de la surprise que lon peut prouver en voyant pour la premire fois
une photo de la face immerge dun iceberg, on sapercevra que ces ralits
marginales sont centrales.
Elles apparaissent comme constituant la partie immerge des rgulations
juridico-politico-conomiques qui est bien plus importante que la partie
merge quՎclairent les projecteurs de la modernit. Elles ne se situent pas
aux confins du droit comme pouvait le suggrer le titre dun bel
ouvrage danthropologie juridique de Norbert Rouland (1993), mais nous obligent
repenser le Droit et les institutions modernes en leur cur mme. Cest au
mystre de linstitution de la vie en socit quil faut oser se frotter :
comment mettre en forme aujourdhui dans des contextes dinterculturalit
croissante la reproduction de nos humanits, si universelles et en mme temps
si diverses ?
Cet ouvrage dessinera quelques pistes
pour ce renversement de perspective. Il empruntera des chemins de traverse et
invitera de nombreux dtours pour clairer le mystre de la juridicit[10]
partir de topoi
diffrents. Peut-tre se dgageront ainsi de nouveaux horizons de rflexion et
daction pour le monde contemporain ? Le cheminement se fera en oscillant
entre les ples de laltrit, de la complexit et de linterculturalit selon
une dmarche danthropologie du Droit. Le rle du premier chapitre sera
dintroduire le lecteur cette dmarche, le sensibiliser la perspective
particulire de lanthropologue du Droit quil retrouvera au fil des chapitres
suivants. Comme il le constatera, les exigences du diatopisme et du dialogisme
(Le Roy 1990a ; Vachon1990a) sont au cur de toute dmarche
anthropologique. Tout discours, toute pratique doit tre resitu dans son topos pour rvler travers lui les
logiques originales luvre et pour dgager les mythes ou horizons invisibles
de la pense o ils sincrivent. Apparat ainsi lexigence dun positionnement
interne / externe[11].
En sciences sociales, les objets dՎtude sont des sujets.
Lanthropologie, plus particulirement, a comme lune de ses vises principales
de comprendre lautre comme sujet, de comprendre ses actions en les reliant
ses autoreprsentations, la perspective quil peut avoir sur elles (voir
Kilani 1994). Mais on ne saurait sarrter l. Comme le soulignait avec humour
Cornelius Castoriadis (1992 : 228), L'ethnologue qui a tellement
bien assimil la vue du monde des Bororos qu'il ne peut plus le voir qu' leur
faon, n'est plus un ethnologue, c'est un Bororo - et les Bororos ne sont pas
des ethnologues. Sa raison d'tre n'est pas de s'assimiler aux Bororos, mais
d'expliquer aux Parisiens, aux Londoniens, aux New Yorkais de 1965 cette autre
humanit que reprsentent les Bororos. Et cela, il ne peut le faire que dans le
langage, au sens plus profond du terme, dans le systme catgorial des
Parisiens, Londoniens, etc. Or, ces langages ne sont pas des codes
quivalents - prcisment parce que dans leur structuration, les significations
imaginaires jouent un rle central. Lanthropologue joue donc dune part
le rle de traducteur. Cest un passeur entre les mondes comme le
rappelait trs propos le titre du Liber Amicorum de Michel Alliot, lun des pres
fondateurs de lanthropologie du Droit franaise (voir Le Roy . & J.
2000). Mais ce nest pas tout. Lanthropologue du Droit essaye aussi dans le
cadre des sciences sociales de donner des explications gnrales sur la mise en
forme des socits et de leur reproduction. Il tente de rvler les ralits
caches en dessous des apparences, les lois sous-tendant les lois
pour faire rfrence la juristique dHenri Lvy-Bruhl[12]
(1955 : 33 ss). Il vise rendre plus intelligible les jeux et enjeux de
la juridicit qui ne sont que trs partiellement conscients aux acteurs
eux-mmes. Comme le soulignait Gaston Bachelard (1970 : 38), Il ny
a de science que de ce qui est cach .[13]. Mais si les sciences sociales
ont une vise de scientificit qui ne leur permet pas de sarrter aux points
de vue internes, aux opinions (voir Bachelard 1980 : 14 ss), mais les
oblige dvoiler ce qui se cache derrire elles, elles ne peuvent cependant
pas, et ceci est dautant plus vrai pour les approches anthropologiques, les
rduire de simples objets dՎtude . Les acteurs avec
lesquels nous travaillons sont aussi, et mme avant tout, sujets de dialogue et
partenaires dans une construction de savoir partag. Si le dialogue dvoile
leurs impenss, leurs visions du monde, il en fait de mme, par effet de
miroir, en ce qui concerne nos propres prsupposs. Dans une dmarche
diatopique et dialogale, dialoguer implique de se situer les uns par rapport
aux autres pour pouvoir partager et senrichir mutuellement. Do la ncessit
de commencer par expliciter le topos du chercheur afin que le lecteur puisse,
sil le souhaite, entrer en dialogue avec ses exposs et aie les clefs pour
pouvoir les aborder dans une optique de partage et de complmentarit ses
propres dmarches forcment situes diffremment.
Notre point de vue clarifi, il sagira
ensuite de dcouvrir un certain nombre de terrains qui seront
autant doccasions pour jeter une nouvelle lumire sur les questionnements
relatifs lorganisation du vivre-ensemble. Ces chapitres o le dcentrement
culturel sera au rendez-vous ont t crits au fil des dernires annes avec le
souci de permettre de dcentrer et de recentrer des analyses plus occidentales
en thorie et en philosophie du droit. Comme le notait dj Jean-Jacques
Rousseau, fondateur pour Claude-Lvi Strauss (1995 : 413) de lanthropologie, dans une citation
souvent reprise par les anthropologues Quand on veut tudier les hommes,
il faut regarder prt de soi ; mais pour tudier lhomme, il faut
apprendre porter sa vue au loin ; il faut dabord observer les
diffrences pour dcouvrir les proprits. Mais comment faire partager
en quelques lignes les atmosphres de ces mondes diffrents ? Comment y
plonger le lecteur juriste ou thoricien du Droit qui ne les connat pas forcment
par exprience personnelle. Comment susciter en lui lexprience de laltrit
avec lՎmerveillement, mais aussi la dstabilisation quelle comporte[14] ?
Les deux chapitres sur une approche africaine du Droit et sur des approches
amrindiennes et tibtaines du Droit font le pari quaccorder une large place
au rcit, si ce nest certes pas une panace peut nanmoins jouer un rle utile
de catalyseur. Franois Ost (2004 : 19) rappelait rcemment quՈ
lencontre dune mythologie juridique rationaliste, et de ce que pourrait faire
croire la philosophie spontane des juristes , ex fabula
ius oritur
cest du rcit que sort le droit [15].
dfaut de pouvoir se rendre sur place soi-mme, cest trs certainement
travers la narration que lon parvient le mieux pntrer dans des univers qui
ne nous sont pas familiers. Le premier texte va jusquՈ rendre un peu flou les
limites entre Droit, science et littrature. Il met en uvre une redcouverte
des droits originellement africains travers luvre dAmadou Hampath B, le
clbre auteur malien qui a contribu faire reconnatre les traditions orales
comme patrimoine commun de lhumanit et qui est probablement surtout connu en
Occident par son cri dalarme qu en Afrique un vieillard qui meurt cest
une bibliothque qui brle . Mais en mme temps ce chapitre est lui-mme
crit dans la forme fictive dune lettre Franois Ost, codirecteur de
lAcadmie Europenne de thorie du Droit Bruxelles. Deux de ses tudiants
qui leur retour en Afrique aprs un dtour culturel par une formation
occidentale sinterrogent sur leur propre Droit adressent leurs rflexions
leur ancien professeur qui reprsente ici le philosophe / thoricien du droit
occidental ouvert desprit et curieux de dcouvrir dautres manires de vivre
le Droit. travers ce dialogue, le texte claire une problmatique
contemporaine de la thorie du droit europenne, celle de la transformation du
champ socio-juridique contemporain de la pyramide au rseau , tout
en faisant partager une vision africaine du Droit. Le chapitre suivant
approfondit cette remise en perspective en introduisant limage du cercle dans
la rflexion. Ce symbole est central dans les reprsentations du monde des
Mohawk, une des nations autochtones vivant en Amrique du Nord et aussi dans
celles des tibtains qui larticulent avec une vision plus pyramidale.
Mais il ne suffit pas de saisir les
enjeux de laltrit et limportance dune dmarche dialogale. On risquerait
alors de tomber dans le travers culturaliste qui fige lautre dans une essence
suppose. Ainsi, ces deux chapitres plus informs par le ple de laltrit se
trouveront enrichis par une analyse de la dynamique des droits de lhomme en
Inde qui valorise le ple de la complexit. Si les deux chapitres prcdents
auront accentu loriginalit des cultures prsentes, la nouvelle analyse
tentera dillustrer le dynamisme des processus dacculturation et les enjeux
qui mergent dans les entre-deux complexes de la rencontre entre
traditions et modernits . Aprs avoir plutt mis
laccent sur des clichs (au sens photographique) qui font ressortir
loriginalit de diffrentes manires de penser et de pratiquer le Droit, ce
chapitre illustrera une dmarche plus dynamique (voir Le Roy 1999) qui vise
donner un aperu de la complexit des processus en tentant de se rapprocher
plutt du film, que de la photographie.
Ces trois premiers voyages auront
progressivement permis au lecteur de changer sa perspective sur la juridicit.
Et des ralits qui semblaient familires prendront soudain des formes
nouvelles. Le dtour par lautre aura contribu ce que lon voie
autrement ce qui paraissait si familier. On pourra ainsi aborder de
manire renouvele la question des pratiques alternatives du Droit
en faisant passer ces dernires de la priphrie au centre des rflexions de
lorganisation du vivre-ensemble. La possibilit merge ainsi de poser les
bases pour une vritable htrotopie telle que nous lavons
introduite plus haut. Ce chapitre fera ainsi la transition vers une rflexion
plus globale sur les restructurations contemporaines des champs
socio-politico-juridico-conomiques. Celle-ci prendra la forme dune
interrogation sur les enjeux contemporains du Droit, de la gouvernance et du
dveloppement durable dans une perspective interculturelle et se situera plutt
du ct de la dconstruction des portes dentre qui balisent ce champ de
recherche, tels que la globalisation , le
dveloppement , lՃtat , la gouvernance ,
la socit civile et la participation . La
conclusion envisagera la possibilit dune refondation de nos Droits lՎpoque
contemporaine et tentera de dgager quelques voies de recherche plus
constructives qui continueront tre approfondies dans des futurs travaux
inscrits, linstar de cet ouvrage, dans un projet de recherche plus vaste sur
les enjeux des refondations de notre vivre-ensemble dans un monde de plus en
plus marqu par lՎmergence du pluralisme et de linterculturalisme[16].
Introduction
Chapitre Premier : Le regard de lanthropologue du Droit
2. De laltrit la
complexit. Le multijuridisme et le jeu des lois .
3.
Linterculturalit : au-del du Droit et des sciences
sociales.
Chapitre 2 : Sur les
traces dAmadou Hampat B pour une approche africaine du Droit.
Chapitre 3 :
Approches des visions amrindienne et tibtaine du Droit. la dcouverte du
cercle
Chapitre 4 : Les
droits de lhomme dans la rencontre avec le monde indien
Case 1 :
Les positionnements mtaphysiques
Case 2 :
Les acteurs et leurs statu(t)s
Case 3 :
Les ressources
Case 4 :
Les conduites
Case 5 :
Les logiques
Case 6 :
Les chelles spatiales de contextualisation du jeu juridique
Case 7 :
Les chelles temporelles ou processus
Case 8 :
Les forums
Case 9 :
Les ordonnancements sociaux
Case 10 :
Les enjeux
Case 11 :
Les rgles du jeu
Chapitre 5 : Des confins au cur du Droit. Repenser les
pratiques alternatives du Droit
1. Le droit des juristes et le Droit des
anthropologues. Fondements pistmologiques pour sengager dans une approche
alternative du Droit
Chapitre 6 : Repenser la mondialisation : Droit, gouvernance et
dveloppement durable en perspective interculturelle
Conclusion : Refonder nos Droits dans le dialogue des cultures.
LՎmergence de nouvelles responsabilits
[1] Lire cet gard le trs
instructif livre de Le Cour
Grandmaison, Coloniser. Exterminer (2005) qui permet de plonger le lecteur
contemporain dans latmosphre idologique qui imprgnait les temps de la
colonisation.
[2] Voir par exemple Le Roy &
Kuyu 1996. Notons que certains problmatiques actuelles au sein mme de la
mtropole gagneraient tre claires
travers un regard aiguis par la prise en compte du legs colonial
franais et de ses implications contemporaines. Voir dans ce sens par exemple
Eberhard, Fernando & Gafsia 2005.
[3] Voir par exemple Campbell 1997a
& 1997b.
[4] Tout au long de cet ouvrage, et
lexception de citations dauteurs qui ne respectent pas cette convention,
lorsque jՎcrirai Droit avec un D majuscule, cest
pour dsigner la juridicit quabordent les anthropologues et dont le
droit avec d minuscule nest quun aspect. Cette
distinction sՎclairera au fil des
pages qui vont suivre.
[5] Voir dans ce contexte louvrage
collectif dit dbut des annes 1980 par lUNESCO (1981).
[6] Voir aussi Latouche 1989.
[7] Voir par exemple sur cette
question Le Roy 2004 & 2006 ou Nandy 1983.
[8] Voir par exemple Appadurai 2001.
[9] Voir aussi les analyses
croissantes en termes d Empire (voir par exemple Nar 2003 ou le
numro spcial sur Empire or Cosmopolis de la revue Globalizations (Volume 2, Number 1, May 2005).
[10] La notion de juridicit est
centrale dans les dmarches de lanthropologie du Droit telle que pratique au
Laboratoire danthropologie juridique de Paris et dans la ligne de laquelle
sinscrit le prsent ouvrage. Voir Le Roy 2006a.
[11] Ce positionnement fait cho au
positionnement critique du thoricien du droit tel quentrevu par Ost & van
de Kerchove 1987 : 27 ss.
[12] Pour Henri Lvy-Bruhl
(1955 : 40), la juristique
est lՎtude des faits juridiques
considrs en eux-mmes, et sans proccupation pratique .
Nanmoins cette science ne saurait tre pure linstar de la Reine
Rechtslehre, la
thorie pure du droit de Hans Kelsen (1960). Il prcise que La mthode
de la science du droit sera la fois juridique, historique, comparative et
sociologique. (p 41). Voir aussi Alliot 1983 & Le Roy 1990a.
[13] Selon une distinction emprunte
Kenneth Pike (1967 cit dans dHertefelt 1991 : 7-10) on peut ainsi dire
que lanthropologue ne peut sarrter au point de vue mique ,
interne, mais doit le croiser avec le point de vue extrieur du chercheur, ou
point de vue tique .
[14] Et qui est si ncessaire dans
lentreprise de dconstruction / reconstruction de nos Droits lՎpoque
contemporaine !
[15] Il est intressant de mettre
cette assertion en perspective par les travaux en smiotique juridique. Voir
notamment Jackson 1988 & 1995 ; Papke 1991.
[16] Voir pour mettre en perspective
cette dynamique Eberhard 2002a,
2002b et 2005a ; Eberhard & Gupta 2005 et le site internet
Droits de lhomme et dialogue interculturel :
http://www.dhdi.org